Historique...

L'histoire locale de notre région s'avère très riche, la civilisation s'y manifestant très tôt, dès l'âge paléolithique.
Les vestiges de notre préhistoire en témoignent, nombre de collections de particuliers se retrouvent maintenant exposées au Musée de la Préhistoire de Nemours.
Notre village s'est structuré autour de l'industrie du fer à l'époque mérovingienne, mais l'époque la plus remarquable débute avec le règne des capétiens.
Situé à la confluence des seigneuries de Château-Landon (d'où sont issus les Plantagenêt, futurs rois d'Angleterre), de Lorrez-le-Bocage et de l'abbaye monacale de Ferrières (datant du VIe siècle), Egreville devint un lieu de passage, d'échanges et bénéficia d'une relative protection. Les premiers seigneurs d'Egreville seront d'ailleurs issus, au XIe siècle, des comtes de Gâtinais, installés à Château-Landon, tenaces adversaires des capétiens.
Devenu carrefour commercial, de surcroît bien fortifiée, elle connut un commerce florissant. Ses marchés et foires jouissaient d'une grande renommée. Ainsi le patrimoine actuel témoigne de ce passé.

Origine du Bourg et de son nom :

Le nom de notre village remonterait aux mérovingiens.
Nous trouvons " Acrivilla " en 1164 ; ce nom signifierait en bas latin " les ateliers ", ce qui n'est pas impossible, puisque nous avons déjà suggéré la présence de l'industrie du fer. D'ailleurs le nom de " Crimeau ", hameau jouxtant le bourg est sans doute de la même origine, anciennement " Ecrignot ".
Le bourg, au bas Moyen-Âge (les années 400) se serait déjà développé au Crimeau.
A partir de 1085, le bourg s'accroît autour de sa chapelle de fief dite de Saint-Martin, car les pèlerins qui se dirigeaient vers Compostelle s'écartaient des grandes voies pour trouver gîte, couvert et commerces à Egreville.
Egreville se trouve en effet à proximité de la grande voie romaine dite " Chemin de César " qui reliait Sens à Orléans.
Le fief pendra de l'importance avec un premier château fort en dur vers l'an 1100. Il passe alors dans le patrimoine de Garmond 1er du Donjon, gouverneur de Château-Landon et premier seigneur d'Egreville.
Au XII et XIIIe siècles, Egreville se structura. Sous Saint-Louis, la ville fut fortifiée avec quatre portes d'accès : Saint-Martin (au Sud), Notre-Dame (au Nord), la Poterne (à l'Est) et Le Grand-Marchais (ou de Nemours, à l'Ouest). Il ne subsiste aujourd'hui que le nom des portes et le nom de la rue des fossés (c'est notre rue :-D )qui suit le tracé des anciens murs fortifiés.

La Halle

On en dénombre que quelques-unes de cette architecture en France, elle reste l'une des plus remarquables avec celle de Milly-la Forêt.
La construction de la halle qui comptait initialement 8 travées et pas de pignon sud remonterait tout à la fin du XVe siècle. Elle faisait suite à un premier ouvrage détruit par l'incendie du village en 1282. La charpente dont l'embase est en chêne reposait initialement à même le sol qui, par humidité, endommageait le bois.
En 1666, il fallut supprimer une travée pour construire le pignon sud en maçonnerie, installer des renforts obliques transversaux et longitudinaux et faire reposer les 28 pieds sur des socles en pierre (de nouveau remplacés en 1769).
Elle a subi durant l'année 2003 une restauration complète qui permit de rétablir quelques vérités sur sa construction et mettre fin à la légende qui attribuait sa construction à Anne de Pisseleu en1540 avec une charpente en châtaignier expliquant l'absence de toiles d'araignées.
Elle abrite toujours le marché du lundi matin.

L'eglise

Dom Morin, grand prieur de Ferrières et historien du Gâtinais, fait de Jean II d'Egreville le fondateur de la première Eglise Saint-Martin qu'il fait construire à partir de la chapelle de Fief en même temps qu'il rebâtit la ville ravagée par un terrible incendie en 1282.
Cette première église ne reliait pas la Chapelle de Fief à la grosse tour carrée (qui abrite aujourd'hui le porche) et qui conserve son caractère du XIIIe. Cette grosse tour devait alors servir de beffroi, elle est classée Monument Historique. Cet édifice supporte une imposante cloche " Marie-Martine " d'environ 800 kg.
Peu pratique, quelque peu atteinte pendant la guerre de cent ans, peu favorable à larestauration, l'église fut reconstruite sous Louis XI et consacrée le 12 février 1483.
A partir de l'église primitive on y ajouta les bas cotés, c'est ce qui explique la dissymétrie de l'architecture où l'on retrouve de l'Art roman.
La construction de la flèche fut longtemps attribuée à Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes (XVIe). En réalité, elle date de 1687, ce que révélèrent les travaux importants de consolidation de l'assise de cette flèche effectués en 1999. Pendant la révolution, diverses profanations touchèrent l'église et la crypte. Curieusement, c'est un vicaire de la paroisse, DU FEU, qui prit la direction du village, devenant ensuite le premier officier public à Egreville (équivalent à de la fonction de maire). Le mausolée du maréchal de La Châtre fût détruit (côté sacristie). Quelques pierres tombales furent sauvées et exposées dans l'église. L'une d'elles en marbre noir, celle d'Aymond d'Egreville et de son épouse est classée par les Beaux-Arts et supporte un petit autel au fond de l'église. L'église fut ensuite restaurée en 1821.
Les derniers aménagements dates des années soixante, dans l'esprit de modernisation de l'époque. Le maître-autel fut démantelé ainsi que les grilles qui l'entouraient, la grande chaire, les lustres et un retable de la chapelle de la Vierge.